Un mécène proxénète ?
Jacques Moretti en a-t-il fini avec son passé trouble ? Non, il n'a jamais vraiment tourné la page de son passé dans le marché du sexe [...]. Selon une enquête de la RTS, un homme suisse très actif dans le milieu de la prostitution figure parmi les soutiens financiers du couple Jacques et Jessica Moretti.
L’homme affirme avoir prêté environ 50 000 francs (soit près de 55 000 euros) aux Moretti pour ouvrir le Bar Constellation. Cette somme s’inscrivait dans un tour de table qu’il évalue à plus de 300 000 francs (329 000 euros), bouclé grâce aux contributions de la famille et des amis du couple. L’homme était d’ailleurs présent à l’inauguration du lieu en décembre 2015.
Une rencontre au début des années 2000
Les deux hommes se rencontrent au début des années 2000. Jacques Moretti est alors âgé de moins de 30 ans et il vient d’arriver de Corse pour gérer un bar à La Clusaz. Il recrute des prostituées pour les faire travailler dans un salon de massage au quartier des Acacias, à Genève, ainsi que dans d’autres établissements, certains gérés notamment par ce futur mécène.
En 2008, une enquête des autorités françaises débouche sur la condamnation de Jacques Moretti et d’autres complices pour "proxénétisme aggravé" devant le tribunal d’Annecy la même année. Celui qui deviendra un généreux donateur échappe aux poursuites, notamment parce qu’il n’aurait pas recruté en France. Cependant, il est cité dans le jugement comme un des "proxénètes suisses" de l’affaire.
Un soutien de longue date
Depuis, le lien entre les deux hommes ne se serait jamais rompu. Après sa condamnation, Jacques Moretti est retourné en Corse, où il a transformé une discothèque de Bonifacio en bar à strip-tease, avant de revenir en Suisse au début des années 2010. C’est son ancien collègue, "proxénète", qui lui aurait trouvé un domicile sur la Riviera vaudoise avant de le présenter à différents intermédiaires pour développer de nouvelles affaires.
Selon la RTS, Jacques Moretti a par la suite ouvert un cabinet de blanchiment dentaire à Lausanne, sans grand succès.
Qui est cet homme de soutien ?
Gilles est une figure du milieu de la prostitution en Suisse romande. Plusieurs fois rattrapé par la justice, notamment pour usure au détriment de prostituées sans papiers, l'intéressé a géré plusieurs salons de massage. Il est également connu pour avoir créé le premier site web romand du sexe tarifé au début des années 2000. C'est à cette période qu'il croise la route de Jacques Moretti.
Après le drame du Constellation, l’homme aurait alors immédiatement contacté Jessica Moretti pour lui proposer de contribuer au paiement des cautions, sans que cela ne se fasse. Sollicités par nos confrères, les avocats du couple refusent de s’exprimer à ce sujet.
Les parents de victimes
Voici quelques mères de victimes de l'incendie ... :
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| Laetitia Brodard (mère d'Arthur Brodard) |
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| Vinciane Stucky (Mère de Trystan Pidoux) |
Un parent de victime proxénète ?
Voici Christian Pidoux père de la victime Trystan Pidoux:
Qui est Christian Pidoux ?
Bien connu des Suisses romands, voici son parcours:
48 ans, fils d'un ancien ministre du Canton de Vaud. Accusé d'abus sexuels par 14 mineurs. Fêtes, coke, prostitution, emprise. Le "papa" surpris en flagrant délit.
Les fêtes à Vevey (VD), les fêtes dans le chalet de Vercorin (VS), la mise à disposition d’alcool et de drogue (shit, ecstasy, cocaïne), les jeux de société, les gages déshabillés, les jours et les nuits de débauche, les jacuzzis en string, la coke sniffée y compris sur les fesses de l’une ou l’autre copine de détresse, les attouchements, les relations sexuelles monnayées, les coucheries… Tous les témoignages se recoupent. Toutes racontent une seule et même histoire qui charge lourdement le prévenu de 48 ans. Ceci d’autant que les preuves égarées durant l’enquête sont des photos et des vidéos où l’on aperçoit même ses propres enfants en arrière-plan. Il en a quatre.
Même confondu, l’homme aux lourds antécédents judiciaires estime qu'il n’a rien fait. Même arrêté en flagrant délit avec une ado de 15 ans dans son lit, alcoolisée et sous THC: «Je croyais qu’elle avait 17 ans. Je ne l’ai pas touchée. La police n’a pas pu établir que j’avais eu des relations sexuelles avec des mineures de moins de 16 ans». Et de répéter: «Elles pouvaient venir chez moi pour consommer leur propre drogue et alcool plutôt que de se faire violer ailleurs. Je ne suis pas un Saint mais les jeunes n’étaient pas en danger chez moi. Même le SPJ (Service de protection de la jeunesse qui l’a dénoncé pour quatre cas) l’a estimé.
Adopté avec son frère Marc, Christian Pidoux est arrivé de Colombie à l'âge de 4 ans. Placé dans plusieurs collèges privés, il y connaissait déjà des problèmes de discipline. Voulant commencer l'Ecole hôtelière, il a fait une petite patente de restaurateur à Crans-Montana. Mais il reste sans formation et n'aura fait que des stages dispersés et quelques petits boulots de sommelier.
En 1993, Christian Pidoux est condamné une première fois à 18 mois avec sursis, pour vols, brigandages et escroquerie. Un an plus tard, le sursis est révoqué par un nouveau jugement à un an ferme pour infraction à la loi sur les stupéfiants. Toutefois, la peine est alors suspendue au profit d'un traitement ambulatoire.
Aujourd'hui, trois expertises psychiatriques concluent à l'existence d'un trouble mental. Christian Pidoux a des traits narcissiques et des tendances psychotiques. Selon l'expert, sa responsabilité est moyennement diminuée. A la suite de carences traumatiques dans la petite enfance, puis affectives par la suite, il cherche à compenser son absence de réussite sociale, il cherche à se valoriser. Il ne présente qu'un espoir «raisonnable» et pourrait à nouveau commettre des délits graves s'il ne subit pas de mesure d'encadrement strict.
Voici les étapes clés de son parcours judiciaire:
(source: @maisonbois7902, 26/02/2026, YouTube)
1. L'affaire du rapt Lagonico (1998 - 2001)
• Les faits (décembre 1998) : Christian Pidoux organise l'enlèvement de Stéphane Lagonico, un jeune avocat stagiaire lausannois issu d'une famille aisée. L'objectif était d'obtenir une rançon de 5 millions de francs. Après le versement d'une première tranche de 500 000 francs, l'otage est libéré sain et sauf.
• L'arrestation (1999) : Après une fuite au Brésil avec ses complices, il est arrêté en janvier 1999 sur la base d'un mandat d'arrêt international.
• La condamnation (mars 2001) : Le Tribunal correctionnel de Lausanne le condamne à 9 ans de réclusion (une peine ramenée plus tard à 7 ans et demi). Il est reconnu coupable de séquestration, enlèvement, chantage et extorsion. Les juges soulignent à l'époque que le mobile était lié à la cupidité et à une forme de jalousie.
2. Libération conditionnelle et nouvelles infractions (2004 - 2008)
• Libération (2004) : Christian Pidoux bénéficie d'une libération conditionnelle après avoir purgé les deux tiers de sa peine. Sa période de mise à l'épreuve devait durer jusqu'en 2009.
• Retour en justice (2008) : En janvier 2008, il comparaît à nouveau devant le Tribunal correctionnel d'Yverdon-les-Bains. Il est accusé de nouveaux délits commis durant sa liberté conditionnelle, notamment des infractions au code de la route et une affaire de contrainte envers un tiers.
• Révocation et nouvelle peine : Le tribunal estime qu'il n'a pas respecté les conditions de sa libération (notamment le suivi d'un traitement psychiatrique et les rendez-vous avec les autorités de probation). Sa libération conditionnelle est révoquée et il est condamné à une peine globale de 3 ans de prison.
• L'affaire du chalet de Vercorin (2017 - 2019)
Après ses précédentes condamnations, Christian Pidoux s'était installé en Valais, dans un vaste chalet à Vercorin, qu'il louait. C'est dans ce contexte qu'une nouvelle affaire a éclaté :
• Les accusations : La justice lui a reproché d'avoir organisé, entre 2017 et 2019, des soirées dans ce chalet impliquant des jeunes filles mineures (parfois âgées de 15 ans) dans un contexte de "débauche".
• Nature des délits : Il a été prévenu d'actes d'ordre sexuel avec des enfants (mineurs de moins de 16 ans), d'actes d'ordre sexuel avec des personnes dépendantes, ainsi que de fourniture de drogues (cocaïne) et d'alcool à ces mineures.
• Trafic de stupéfiants : En plus des volets liés aux mœurs, il était accusé d'avoir trafiqué environ 380 grammes de cocaïne.
• Sa défense : Lors du procès, il a nié en bloc les accusations de pédocriminalité et de deal, affirmant qu'il s'agissait d'une vengeance de la part d'une ex-compagne. Il a toutefois reconnu la consommation de drogue mais a nié en avoir fourni aux mineures.
Verdict et conséquences
En mars 2021, il a été reconnu coupable d'une grande partie des charges, notamment les actes d'ordre sexuel avec des enfants et les infractions à la loi sur les stupéfiants. Son passé de récidiviste (rapt Lagonico, menaces, etc.) a pesé lourdement dans la balance.
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